Les derniers modèles Jouef de BB 16500 remontent à plus de vingt
ans maintenant et il était temps qu'un fabricant remette au goût
du jour une reproduction digne de cette locomotive construite pour la SNCF à 294
exemplaires.
Vitrains est le premier à proposer une nouvelle BB 16500 dans deux
décorations : livrée béton avec logo nouille ou avec logo
à casquette. Ce test porte sur le BB 16671 du dépôt de
Strasbourg commercialisée sous la référence 2177.
La locomotive est livrée dans une boîte en carton garnie de
mousse. La plupart des pièces de détaillage ne sont pas
montées ; un sachet volumineux les contenant est joint dans la
boîte.
Une notice succincte présente les figures nécessaires aux
montages des pièces et rappelle les conditions d'entretien et de
digitalisation de la locomotive. A l'usage, il s'avère que la notice est
bien sommaire et qu'il faut parfois recourir à des tests ou des photos
de machines réelles...
Aspect et fonctionnement
La livrée de la locomotive est bien appliquée. Les couleurs
sont très belles et correctes. La tampographie est fine et les logos à casquette sont
disposés côté extrémité 1. Cette
particularité est courante sur les BB 16500. La locomotive est
très lourde (492 grammes) pour un aussi petit gabarit : presque
autant qu'une BB 36000 Jouef et 60 grammes de plus qu'une BB 26000 Jouef !
Equipée de deux bandages, la BB 16500 Vitrains doit avoir d'excellente
qualité de traction. En digital, le ralenti est très correct. Le
moteur et la transmission sont silencieux.
Venons-en au morceau de bravoure. Pour digitaliser la machine et poser les
pièces de détaillage, ouvrons la machine. Il faut retirer les
tampons qui sont montés sur ressort en les poussant par l'arrière
de la caisse. Remarquons au passage que les tampons tournent allègrement
dans les boisseaux ce qui n'est pas très réaliste...
Après avoir écarté les flancs de la locomotive, le chassis
est sensé glisser tout seul. Hélas, il reste bloqué
à mi-hauteur sans qu'il y ait prise pour le tirer ! Il faut
hasardeusement faire levier avec une petite pince au niveau des traverses avant
pour ouvrir enfin la loco.
La digitalisation est possible au moyen d'un décodeur muni d'une
prise NEM 652 à 8 broches. Malheureusement, il n'y a pas d'indication
pour savoir de quel côté il faut l'enficher. Un essai s'impose. Le
décodeur trouvera sa place sous le chassis. Une gorge pratiquée
dans le chassis en zamac évitera d'écraser les fils.
La 16671 du dépôt de Strasbourg.
Le superdétaillage
Divisons les pièces de superdétaillage en 4 groupes :
En toiture, les caillebotis sont en métal ajouré peint. Le
pas des grilles est un peu large. Les passerelles et les mains montoires aux
extrémités sont à monter soi-même. Un peu dubitatif
au début, il s'avère que les trois pièces
s'emboîtent parfaitement. Il faut compléter la ligne de toiture
mais cette opération ne présente pas de difficulté. Une
petite trappe amovible permet d'atteindre le commuteur pour la prise de courant
par les rails ou par les pantographes. Ce choix de conception peut se
comprendre du fait de la difficulté à ouvrir la machine... Une
solution jadis très courante chez Lima ! On regrettera les trompes
d'avertisseur trop épaisses et pleines. Les pantographes sont
également ratés. Les palettes sont déjà
oxydées !
Les bogies reçoivent des amortisseurs et de petites pièces
à coller sur les boîtes d'essieux. Pour les premiers, les trous
prévus sont trop étroits. Pour les secondes, il faut
impérativement les coller. Malheureusement pour moi, le sachet de
superdétaillage a une grappe incomplète et il me manque un
amortisseur ! Une fois équipés, les bogies ne laissent plus
l'impression que la caisse est trop haute. D'ailleurs, après quelques tests, les
tampons sont effectivement à la bonne hauteur.
Les rambardes des mains montoires de part et d'autre des portes de cabine
sont en métal et déjà posées. En revanche, le
modéliste doit poser les essuie-glaces et les
mains courantes en métal peint. Malgré une certaine
expérience, il m'a fallu près de 40 minutes pour installer 4
rambardes et 4 essuie-glaces ! Les trous pratiqués sont trop petits ! Sans compter que l'extrémité des
mains courantes rayent la carrosserie... Finalement, la peinture de ces petites
pièces a un peu souffert.
Enfin, il faut terminer en détaillant la traverse avant de la
locomotive. Mais il faut préalablement remonter la caisse. En effet, les
cablots de chauffage empèchent de remonter les tampons. Erreur de
conception. Il faut donc prévoir que les cablots devront être
démontés pour l'entretien. Pareil pour la petite plaque sous le
crochet qui est seulement coincée entre la carrosserie et le chassis
tout comme les marche-pieds de cabine. Un choix de conception un peu discutable
et pour le moins simpliste.
Le
réservoir d'air doit être démontable. Si vous choisissez de
monter un attelage (sans élongation), on ne peut pas monter de
réservoir. Bref, tout devra être retiré si vous voulez
ouvrir la loco ! Les trois cablots d'interconnexion sont à coller sur des
boîtiers en plastique teints dans la masse, ce qui tranche un peu avec la
peinture de la locomotive. Autre mauvaise nouvelle pour moi, un des cablots
était déjà cassé sur la grappe et il n'y a pas de
surplus. :-( On déplorera aussi que les tampons soient trop fins.
Pour les attelages fonctionnels, qui ne sont pas à élongation, il faut
encliqueter le boitier NEM dans le carter du bogie comme sur les BB
25500 Lima. Deux types d'attelage sont possibles : les boîtiers NEM
classiques ou à queue d'aronde.
Vue de trois quart avant montage des pièces de
superdétaillage. Les tampons sont de travers.
La décoration est globalement très réussie.
Imposant sachet de pièces de
superdétaillage.
Au démontage de la caisse, ça coince ! On
remarque au passage le logement du décodeur et la forme des bogies.
Trappe d'accès au commutateur rail/caténaire
pour le captage du courant. Elle est simplement posé. On note le
maillage des caillebotis.
Les pantographes ne sont pas très réussis. Les
archets non plus !
Avant montage de la passerelle d'accès en toiture.
Après montage. Les pièces s'emboîtent bien.
Vue des flancs de bogies
Vue de l'autre côté du bogie.
Eclairage par LED blanc ton froid et rouge.
On remarque que les trompes ne sont pas fines et que
l'éclairage est blanc. La traverse avant est complète.
J'ai aimé
Je n'ai pas aimé
Une peinture soignée
La volonté d'un certain soin apporté aux détails.
Les pantographes
Les tampons qui tournent
Les plastiques cassants des pièces à rapporter
Le montage délicat des pièces à rapporter
La caisse difficile à ouvrir
Le superdétaillage qui gêne l'ouverture de la caisse
Conclusion
Vitrains nous propose un modèle honnête. On se rend compte que
le bureau d'études a cherché à peaufiner certains
détails tandis que d'autres (pantos, tampons, marche-pieds, trompes,
etc.) sont laissés complètement de côté. La
conception est aussi à revoir car elle
présente de nombreuses lacunes. La caisse est
quasiment indémontable après avoir collé les pièces
à rapporter tandis que d'autres comme les marche-pieds
auraient gagné à être fixées
définitivement. Le contrôle qualité n'est pas très
sérieux sur les sachets de superdétaillage.
Vu le prix, on pourrait éviter au modéliste de passer une
heure à batailler avec le montage des pièces de
superdétaillage qui, de surcroît, sont fragiles, cassantes et
parfois carrément manquantes... Je préconiserais donc
d'attendre la BB 16500 de LS Models, qui nous proposera une gamme nettement
plus complète de livrées et de formes.